Episode 1: The subway, my dear !


Un expatrié à New York / mardi, janvier 2nd, 2018
Au secours !!!!! (Help !!!!)

Si les mots sont facilement traduisibles, trouver son chemin dans le subway new yorkais l’est beaucoup moins. Mon installation fut bonne à tout point de vue, mais les débuts de ma relation avec le tas de ferraille roulant n’a pas été si simple. L’enfer même sans mauvais jeu de mots. On trouve une ouverture, et on s’enfonce à contre cœur dans un gouffre inconnu, autant nécessaire que haït.

 

Les deux premières semaines ont été un échec. Bon ok c’est dû à 50% à un gros défaut d’orientation. Un problème de géolocalisation de moi-même. Bon ok 75%… Mais il y a au moins 548% (les maths n’ont jamais été mon fort) qui est dû à la conception même du métro. Les destinations sont mal indiquées, d’ailleurs une bouche de métro = 1 destination. What the fuck is that? Imaginez-vous, perdu dans la rue, apercevant enfin le Graal: la bouche de métro tant attendue. On descend les escaliers le cœur léger, on monte dans le train. C train, c’est le bon. Couleur bleue, chouette tout va bien. Hélas, pauvre de toi petit habitué du métro parisien qui n’a pas pris la peine, ou plutôt qui n’a pas eu l’idée de vérifier la destination. Te voilà parti Uptown toi qui voulais rejoindre Brooklyn. Commence un périple long comme ma… main. Décryptons étapes par étapes (afin de savourer pleinement le passage suivant, une petite musique d’ambiance style quizz télévisé pourrait être appréciée):

 

1/La constatation : Vous êtes perdu. Zut alors. Vous tapez du pied, vous vous grattez la tête. Vous n’avez pas pensé à prendre de carte, de toute façon vous ne savez pas les lire. Sans connexion internet, il faudra faire autrement.

 

2/L’action : Sorry Scuse-me Sorry Sir oups Sorry, vous vous frayez un chemin tant bien que mal dans le métro bondé pour jeter un œil (à défaut de jeter autre chose de colère contre vous-même et ce métro pourri) à la carte du métro dans la rame. Huuuum, comprends rien.

 

3/La réflexion : Donc si je comprends bien je dois rejoindre la R par la F, je peux aussi prendre la verte mais il y a 3 chiffres… Bon, je descends là. Non non non remonte ce n’est pas là. Retourne à la carte. Okay on descend… Oh god je ne vois rien comme prévu remonte ! Les américains sont assez sympas, quelqu’un vous prendra de pitié. Faites la moue, pas trop triste pour ne pas effrayer les gens mais assez pour que la dame qui vous observe depuis le début vous attrape l’épaule.
Okay honey…Where do you want to go?

 

4/Le soulagement : Vous avez compris ce que la dame a dit. Vous avez compris quel chemin suivre. Vous vous sentez heureux, le cœur léger. Vous sautillez même. Aie non pas trop quand même c’était votre premier jour au travail et vous avez des chaussures inconfortables.

 

5/La rechute : Hélas, rien ne se passe comme prévu. Vous êtes encore perdu, vous avez loupé la station qu’il fallait prendre. Vous observez les personnes autour de vous. Quelqu’un vous observe aussi. De façon étrange. Comble de l’ironie, cette personne vous demande son chemin. C’est donc à ça que vous ressemblez quand les gens croisent votre regard actuellement… Vous répondez que vous êtes perdu. Elle répond qu’elle aussi. Vous pleurez ensemble. Intérieurement seulement, le métro n’aura pas raison de votre dignité. Allez un autre américain sympa vous aide et vous continuez le chemin avec cette personne du New Jers
ey qui sort rarement de son île. Sympathique ma foi, vous en rigolez ensemble. D’ailleurs, il y avait une sacrée belle vue à cette sortie de station. Vous prenez une photo. Vous êtes touriste après tout.

 

6/La rédemption : Vous êtes sur le bon chemin. L’arrivée est proche. 1h49 plus tard vous êtes arrivé chez vous, bien loin des 45 minutes que préconisait Google Maps. Vous vous dites que vous ferez mieux la prochaine fois. Vous avez mal aux pieds (On vous avait dit de ne pas sautiller) mais vous êtes sain et sauf.

 

 

Bon, c’était votre faute cette fois. Tout humain normalement constitué ne se perd pas autant. Et une mésaventure n’en serait pas une
 si la complexité n’était liée qu’à un simple fait. Car voyez-vous il y a aussi les complications crées à 100% par le métro, et ça, ça n’arrive pas ailleurs. Un accueil by New York City, les trains changent parfois d’itinéraires, les trains locaux deviennent express et ne s’arrête plus à votre station comme prévu… Le speaker vous a pourtant prévenu: Your attention please, the Bleilfigf is eifvhvu, please jfivejifjzk. Krooooo krrriiiiiii. Zut, comprends rien. De nature optimiste, vous vous dites que cette annonce ne vous concerne pas, tout ira pour le mieux. Mais non, les stations suivantes ne vous disent rien. Bon, soufflez, c’est reparti. (Pour les étapes qui suivent, merci de se reporter aux étapes du dessus. Au moins il y a une chose de stable dans cette histoire).

 

Bref j’ai visité plein d’endroits en métro mais ce n’est pas le plus chouette de New York à voir. Maintenant ça va mieux je crois. Mais je ne me sens pas encore capable de pouvoir cocher la case « métro » dans « développement de capacités ». Oui car en tant que fraiche New Yorkaise j’ai décidé de devenir une femme mâture, forte, indépendante et capable de retrouver son chemin. Les 6 mois devraient être suffisants. Je précise que mes capacités en termes d’orientation partent de loin, mais si vous êtes de visite à New York, je vous aurai prévenu. Au final, ça vous fera de bonnes histoires à raconter autour d’un verre entre amis à votre retour.

 

 

Conclusion : Je ne me plaindrai plus jamais du métro parisien. Mais il faut reconnaitre une qualité à ce métro nulle part égalé : il fonctionne 24h sur 24. Il fonctionne mal certes, mais armez-vous de patience et vous trouverez un moyen de rentrer chez vous d’une façon ou d’une autre à toute heure, et ça c’est plutôt chouette.

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