Episode 10: Le blues de l’expatrié


Un expatrié à New York / samedi, janvier 13th, 2018

« J’ai un peu peur, maman. »

Jour du départ, il est temps de t’envoler pour cette nouvelle aventure. New York… L’année dernière pendant ta visite tu avais regardé l’Empire dans les yeux, du haut du top of the rock, et tu l’avais prévenu: « See you soon », ne sachant pas encore que ça serait appliqué plus tôt que tu ne le pensais. Tu avais fait la blague à tes copines en plus: « moi les filles je ne rentre pas, je reste ici, on m’a proposé un boulot ».
Jour du départ, le réveil sonne au milieu de la nuit, tu te lèves vaseuse. Tu n’as presque pas dormi, tu voulais profiter de tes copains jusqu’au bout. Et une fois dans ton lit, tu as fait le tour du contenu de ta valise dans ta tête encore et encore, à défaut de compter les moutons. Plusieurs fois tu as sursauté, le cœur battant à toute allure et tu t’es levée pour vérifier si telle ou telle chose était bien là. Tu pars pour 7 mois, pas le droit de te planter.
Jour du départ, toujours au milieu de la nuit, te voilà partie pour l’aéroport. Tes parents t’accompagnent. Ça les embête un peu d’ailleurs, c’est trop tôt. « 4heure? Il faut qu’on parte à 4heure du matin? Ohhh... » Soupir, tapage du pied, yeux implorants, tes parents sont des enfants aussi à leurs grands âges « Mais non bien sûr qu’on va t’accompagner… C’est juste que… c’est tôt…« . Cet air détaché te rassure, ce n’est pas la première fois que tu pars, ils ne sont sûrement plus trop inquiets.

Jour du départ, l’heure des au revoir. Tu commences à pleurer comme une madeleine. Tu te moques de toi-même: « Alors la dure à cuire, on a un petit cœur dans le fond? ». Tu serres ta maman le plus fort que tu peux, tu l’as fait pleurer aussi, ou alors elle pleurait déjà mais arrivait à bien le cacher. « J’ai un peu peur, maman… » « Je sais ». Tu sais qu’elle sait, tu ne peux rien lui cacher. Ce n’est pas la première fois que tu pars, mais c’est sûrement la première fois que tu ne sais absolument pas ce qui t’attend. Tu n’as comme point de repère que tes valises, remplie à craquer de ta vie pour 7 mois, que tu transportes avec difficulté. 7 mois, c’est long dans le court terme mais si dérisoire dans toute une vie. L’avion a décollé… l’aventure a commencé. L’avion a décollé… il t’arrache à tes repères, ta famille, tes amis, tout ce qui compte pour toi et te rassures, pour te déposer quelque part de l’autre côté du monde, seule.

A partir de là tout s’enchaînera assez vite.

 

 

La suite à découvrir dans le livre en écriture… 


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