Episode 15: Le retour de l’enfant prodige


Le retour de l'expatrié / lundi, janvier 22nd, 2018

Ahhhhhh !!!! 

Ça, c’est le cri strident de la voix de tes copines provoqué par ton retour parmi elles. Elles t’ont vu arriver de loin, elles courent, c’est chouette et… bizarre. Sur le coup tu t’es dit que tu avais du vachement t’enlaidir, ou vachement grossir, ou qu’on t’avait teint les cheveux en rose dans ton sommeil, ou même le tout à la fois pour qu’elles crient comme ça. Ceci n’était pourtant que leur façon de t’annoncer qu’elles allaient bientôt te sauter au coup, embarquant 2/3 vertèbres au passage, en continuant d’hurler à plein poumons.

Tu les serres fort: après 7 mois d’absence, les retrouvailles avec les êtres aimés sont précieuses. Et elles, elles t’ont quand même beaucoup manqué. Tout comme te manquera ton tympan droit, perdu à jamais dans la bataille de ce moment précis.

Mais avant tes copines, il y a bien sûr eu papa et maman. Durant tes escapades précédentes, maman pleurait deux fois: quand tu partais et quand tu arrivais. Quand tu partais d’accord, c’est terrible, mais quand tu arrivais… Elle savait sûrement que tu reprendrai bien vite les mauvaises habitudes, que tu glisserais ton linge sale incognito dans le panier familial, et que tu massacrerai les plus belles chansons françaises en faisant couler l’eau chaude sous ta douche un temps beaucoup plus long qu’il n’en faudrait pour laver toute la famille, chien, chat, hamster et poisson rouge compris. Elle s’est sûrement dit qu’elle s’entendrait frapper à la porte, crier « Marjoriiiie, l’eau chaude c’est toi qui la payes peut être ??! »

(Voix off: quand ta maman t’appelle par ton prénom en entier, ça ne sent pas bon).

Oui, c’est ce qu’on aurait pu penser. Mais maintenant tu réalises: si maman pleurait, c’est sûrement qu’elle savait que tu repartirai bien vite, et qu’elle n’était pas encore tout à fait prête pour ça.

Mais pour l’heure, la famille réunie profite de ces moments de joies… et comme prévue tu reprends les mauvaises habitudes.

« Mamaaaaaan, qu’est ce qu’on mange ???! Mamaaaaaaaaaan« . Tête à claques. Oui oui toi, sale petite fille ingrate. Pourtant tu t’es débrouillée toute seule à l’autre bout du monde, alors pourquoi tu te comportes comme ça ? Cette réponse à cette question est très complexe, et il se pourrait que se poser des questions à soi-même dans un écrit ouvert au public ne soit pas une bonne idée. Question de savoir vivre. Ou de ne pas passer pour une tarée, une vrai. « Maman, tu veux de l’aide?« . Ahhh quand même, on s’en sort, tu t’es rendu compte en quittant le cocon familial que maman faisait beaucoup de choses pour la maison, et pour toi. Alors tu es beaucoup plus reconnaissante qu’avant, et tu abuses un peu moins. Mais tu gardes quand même un mini rôle de pacha, c’est si bon d’être chez soi. Et tu culpabiliseras plus tard: maman, elle adore te chouchouter aussi d’abord. Elle a même pensé à te préparer ton gâteau chocolat-marrons préféré. Tu te dis que cette petite attention spontanée est mignonne. Ce que tu ne sais pas, c’est qu’elle y pensait déjà au moment où tu as passé la sécurité de l’aéroport, pour monter dans un avion qui t’emmenait loin d’elle. Au même moment où tu t’ai dit « allez, un nouveau grand départ dans ma vie » elle elle s’est dit « Plus que 218 jours… »

« Attends attends ne t’assois pas tout de suite… je suis fiancée!!!« . Ça, tu ne l’avais pas vu venir. Tu as pris un co-voiturage directement après ton avion pour rejoindre tes potes, pas une seconde à perdre après 7 mois d’éloignement. Les choses n’ont pas changé, enfin presque. Une de tes meilleures amies t’annoncent une nouvelle du tonnerre: elle va se marier. Punaise… Tu as l’impression à ce moment là d’être parti des années. Elle ne va pas se marier avec n’importe qui non plus: avec ton autre meilleur pote. Mais quand même, ça fait drôle. Toi tu voyais ça encore dans quelques années. Qu’importe, ils ont préparé un repas d’enfer pour ton retour en France. Et vient le moment fatidique où ils te demanderont, à tour de rôle: « Alors, New York…? ».

Conclusion: Finalement, tu reprends vite tes marques. Après une longue étreinte avec tout le monde, tu t’habitues de nouveau à leur face de c… copains trop cool. T’es chouchoutée un peu, 13 minutes à tout casser, puis la vie reprend son cours normal, comme si tu n’étais jamais partie. Et au final, ceux à qui tu as dit au revoir en partant sont toujours là à l’arrivée. Et ils te donneront la preuve, encore une fois, que la palpitation du départ ne dépasse en rien la joie des retrouvailles de l’arrivée.

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