Episode 19: Quelqu’un pourrait me ramener ma pantoufle ?


Relations etc. / lundi, janvier 29th, 2018

Je t’aime ; un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout. Je t’aime : un peu beaucoup… Les relations c’est compliqué.

C’est compliqué depuis le jour où ton enfance s’est brisée quand tu as réalisé qu’avant d’être ensemble papa et maman avaient eu une vie séparée. Pire, tu as vu les parents de ton meilleur camarade de battle de billes divorcer. Enfin, toi tu n’as pas vraiment vu, c’est lui qui est arrivé un jour et qui a expliqué que «maintenant, il aurait deux maisons : une avec maman et une avec papa».  Et puis le divorce est devenu monnaie courante, si bien que le mariage maintenant ressemble à une croyance étrange faite pour des personnes trop naïves.

 

 

Et puis, est venu le temps où toi aussi tu as grandi et tu as commencé à te lancer dans des relations. Tu as aimé un peu, beaucoup, passionnément, à la folie et pas du tout. On t’a aimé un peu, beaucoup… En fait tu ne sais pas trop. Même pour toi au final, tes sentiments sont parfois flous. Surtout pour toi en fait. Dans la plupart des cas, ton entourage voit bien avant toi ce que toi tu n’arrives pas à saisir. Les raisons sont multiples mais en tête de liste on retrouve le top 4 : Peur, envie, orgueil et paresse.

 

Alors dis marraine la bonne fée, pourquoi ça foire ?

 

  1. La peur et la relation

La peur, c’est cette personne qui ne se lancera pas avant un loooooooong moment. « Je ne sais pas », « Je l’aime bien », « En fait j’ai peur qu’il soit trop…  qu’il ne soit pas… enfin tu vois quoi », « On verra ». Celle qui se pendra la tête pour se persuader qu’elle ne se la prend pas. Celle qui dira « Ouais tranquille » en imaginant en même temps tous les scénarios envisageables dans sa tête. Mais cette amie aura bien raison de prendre son temps, car après tout, avant de devenir des sentiments, une relation c’est d’abord du temps. Le temps de se découvrir, de s’apprécier puis de s’aimer. Et surtout, le temps d’attendre.

 

  1. L’envie et la relation

Si on devait attribuer la palme du pire pêché des pêchés, ce serait surement à celui-ci. Envier, c’est vivre dans l’illusion. Envier, c’est vivre dans la jalousie. Envier, c’est vouloir aller trop vite. Envier, c’est mal et c’est la porte ouverte sur tous les vices. L’envie, c’est ce pote qui dira « J’ai flashé sur elle avant toi, tu te calmes ». Ou cette pote qui dira « Je suis trop amoureuse de lui » alors que ce « lui » n’est qu’une invention de l’homme qu’elle aimerait avoir, et non pas de celui qu’elle a. L’envie, c’est tout simplement toi quand tes copines partent toutes rejoindre leur amoureux et que tu te retrouves seule devant Bridget Jones avec ton pot de glace et ton verre de vin. L’envie, c’est cette claque que tu te prendras d’y avoir trop cru. En fait, l’envie, c’est le contraire de la peur d’une certaine façon. Pourtant, rien ne peut commencer s’il n’y a pas d’envie. Alors l’envie d’aimer oui, mais aimer envier : non !

 

  1. L’orgueil et la relation

On a tous un côté Mr Darcy en nous. Et heureusement, car sans orgueil, on ne s’aimerait pas. Et il faut d’abord s’aimer pour que quelqu’un d’autre puisse en faire autant. Mais il y a orgueil et orgueil… Il y a la copine qui en manque et qui accepte tout « Oh ça va, il n’a pas fait exprès, il a dit qu’il était désolé » et le copain beaucoup trop orgueilleux « elle n’est pas allée me faire à manger c’est mort je la quitte ». C’est caricatural c’est vrai. Pourtant, tu n’as pas l’air beaucoup plus intelligent quand tu sors des réflexions débiles du type « Je n’enverrai pas le premier message », « C’est à lui de rappeler », « Elle n’a pas insisté pour payer l’addition », « elle m’a demandé de faire des efforts mais moi je suis comme je suis ». Mais au fond, l’orgueil ce n’est que le résultat de conventions ancrées, de principes assez bêtes, de modes de fonctionnement bateau pour ceux qui se cachent derrière d’autres vices. Orgueil et préjugés, on vous aura prévenu. Et si tout simplement tu te posais les bonnes questions, tu verrais alors que sous ta fierté  se cache en réalité une certaine peur, peur d’aimer et de souffrir, peur de t’exposer à ce tourbillon incontrôlable de sentiments à gerber. Et oui mon petit, tu es grillé. Et peut-être aussi que sous cet orgueil ne se cache en réalité qu’un faux semblant. On tente de se persuader soi-même qu’on a essayé, mais qu’au fond ce sont les autres le problème. Peut-être que tout ça, « ce n’est pas fait pour moi ».

 

  1. La paresse et la relation

Si envier est le vice qui fera le plus de mal, la paresse est celui qui ne t’apportera jamais rien. Pas de souffrance à l’horizon, chouette ! Sauf que pas de bonheur non plus. On l’a dit: une relation, ça se construit, et ça prend du temps. Si parfois on aimerait que le peureux arrête de cogiter bêtement quelques minutes avant de parvenir à la conclusion évidente à laquelle il serait parvenu sans tous ces nœuds au cerveau, au moins on doit lui reconnaitre une chose : le peureux a conscience de l’engagement que représente une relation. Le paresseux lui, n’aura conscience de rien. Le paresseux, c’est ce pote qui dira (et dieu sait qu’ils sont nombreux, (paix à ton âme Dieu et navrée pour le dérangement)) « Non mais tu vois, ce n’est pas le bon moment… », « Je suis jeune, il faut que je m’amuse… Je l’aime bien oui mais bon… ». Celui qui dira toujours gris, mais jamais blanc ni noir, celui qui ne se mouillera pas mais qui finalement passera toujours à côté de ses pompes et finira par dire « Merde, finalement, ça aurait pu être cool ». Mais trop tard. Et oui, la vie, ce n’est pas un conte de fée. Il n’y a pas de coup de foudre évident, pas de résultat sans efforts, pas de mariage au premier regard et pas de « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » sans petits couacs. Mais rien n’est perdu, car le paresseux un jour se réveillera et prendra le taureau par les cornes. Sans vraiment d’explication, d’où l’évocation divine (même si encore une fois je suis navrée de mêler Dieu aux histoires de l’homme affaibli par ses vices).

Conclusion : Les relations, c’est un peu comme une montagne russe finalement. Le peureux étudiera chaque tournant, chaque montée, chaque looping et revirement de situation au degré près avant de se lancer. L’envieux imaginera un parcours du tonnerre, mêlant enchaînements de vrilles à 360 degré, pentes extrêmes et virages à 90 degrés, une vitesse de l’éclair qui ne faiblira jamais et hors de question que quelqu’un se lance dans un parcours plus impressionnant que la sien ; sans malheureusement jamais trouvé un wagon sur lequel le franchir. L’orgueilleux aura dans son parcours de nombreux défauts de conception, qu’il aura certainement vu en amont mais qu’il n’aura pas cherché à réparer, admirant gentiment son wagon se crasher si le train prend de la vitesse. Et enfin le paresseux lui ne subira aucun looping, aucun changement de cap ni accélération, car son parcours ne sera qu’une raille plate, sans péripéties et sans fin.

Bon allez, on peint un noir tableau pourtant il y a quelque chose sur lesquelles les Disney n’ont pas tort : il suffit de trouver la bonne personne. Non ce n’est pas évident et oui il faudra quelques claques et oui surtout on peut se tromper. Et tu te tromperas peut être encore beaucoup, même après beaucoup d’années, beaucoup de souvenirs et beaucoup de ta vie, car le temps ne sera jamais ton ami si tu ne décides pas de le prendre en ami. Une relation n’est jamais acquise. Mais il y a cette personne, qui un jour arrivera, et pour laquelle tu ne seras ni peureux, ni envieux, ni orgueilleux et ni paresseux, mais pour laquelle tu soulèveras des montagnes. Il faut juste laisser au temps le temps de la trouver, et souvent une simple coïncidence peut l’amener dans ta vie. Après tout, tout est une question de pantoufle…

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