Episode 2: Money Money Money ou la Banque

La sobriété

 

Ce principe se retrouve aux États-Unis comme nul part ailleurs. Les américains n’aiment pas en mettre plein la vue, ce sont des gens simples… Pour 5% d’entre eux. Je pensais que le terme « cliché » signifiait « terme pour illustrer ce que les personnes fermées d’esprit et un tantinet incultes utilisent pour décrire le monde autour d’eux tel qu’ils se l’imaginent ». Je ne circule pas à bord d’une marinière, d’un béret et d’une bicyclette, ma baguette sous le bras en sifflant Édith Piaf. Pourtant, les 95% de la population américaine restante sont très proches de ce que l’on peut imaginer… Un peu comme le latin chez nous, la sobriété  semble être une option à prendre, pas vraiment attirante, vieillotte et dont l’utilité reste à prouver. Et à la banque, comme dans beaucoup de relations clients ici, l’option ne semble pas être prise.

 

Voix off: Afin de conserver la subjectivité de cette histoire, je vais maintenant parler de moi à la troisième personne. Je ne suis pas bizarre, mais je trouve ça plus drôle. D’accord, je suis un peu bizarre aussi…

Elle arriva vers 12h15 après avoir pris sa pause déjeuner à 12h tapante. La banque n’est qu’à  quelques blocs, mais le petit détour « recherche de chemin/zut c’est pas par là/retourne en arrière/je n’abandonnerai pas!!!!/j’abandonne » était vite devenu habituel. Le nez rougit par le froid hivernal, une petite chute sur le trottoir (regarde où tu mets tes pieds bon sang!) et une langue brûlée plus tard à cause d’une promotion d’un hot sweet tea pas bon du tout dans une rue qu’elle  n’était pas censée prendre, elle poussa la porte de la banque. Pour éviter tous problèmes de copyrights (i.e droits d’auteurs scuse me je deviens bilingual), les noms de marques, tel que marques de pantoufles, produits d’entretiens, insecticides ou noms de banques ne pourront être cités. Merci de votre compréhension.

Elle arrivait donc dans un grand hall de la Banque Of America accueillit par un homme en costard très propre sur lui qui feignait de ne pas avoir froid dans cette pièce en plein courant d’air.

« Welcome to Bank of America, my name is jemensouviensplus, how can I help you? » Prononça l’homme-glaçon  d’une voix exagérément rendue plus grave, contrôlée et accentuée aux endroits propices à rendre le « Welcome » « America » et « jemebsouviensplus » très dynamique.

« blablabla » L’imitation fut bien ratée, l’accent français trop présent et l’intonation sur le mauvais « bla ».
« Well Marjorie, have a seat someone is going to see you in a very short time ». 
Il l’appelait par son prénom… Elle imagina à ce moment la même situation en France.
« Bonjour que puis – je faire pour vous? »
« Blablabla » (le « blablabla » est en vérité très international)
« Je vois… Ça sera donc 5 jours de délai puis vous pourrez appeler pour prendre un rendez-vous afin de voir un conseiller pour ouvrir un pré dossier qui vous permettra de prendre le rendez vous officiel la semaine d’après, entre temps n’oubliez pas de nous envoyer vos papiers d’identité, livrets de famille, relevés de notes de la primaire jusqu’au lycée, plat préféré de votre maman, une photo de votre chat, vos menstruations, une attestation de votre couleur préférée puis nous procéderons à l’ouverture de votre compte. Rien de plus facile! Ça sera donc 6392 euros pour les frais postaux, le deposit, et le cadeau pour votre maman ».
Hum, c’est vrai que finalement les différences sont assez flagrantes. Disons qu’il y a du bon et du mauvais partout…
Quelqu’un se présenta à elle « WELCOME TO BANK OF AMERICA!« . Décidément, elle était very welcome. Le conseiller devait être encore en formation, la phase était un peu trop dynamique partout. Et son pantalon était trop grand. Un peu comme un petit garçon propulsé trop vite dans l’entreprise de papa.
« How long do you stay here? » 
« 6 months » 
6 mois… Beaucoup et si peu à la fois.
L’entrevue se passa plutôt bien, le conseiller était assez amusant, un one man show bien travaillé.
Puis, à la fin de l’entrevue, compte bancaire ouvert, le directeur (c’est ce qu’elle  pensa au vue de son apparence: il était plus réussi que les autres) entra dans la pièce pour demander si le monsieur avait été gentil, avait répondu à toutes ses questions, si elle était satisfaite. Elle imagina cette situation en France.
[….]
Non vraiment pas possible, ce n’est  pas le genre de choses que ferait les français. Et… tant mieux, car c’est assez perturbant. Oui oui le monsieur a été gentil merci beaucoup. Fort bien. Tout le monde est content.

 
Conclusion : Au moins c’est bien, on comprend où on est. Pour une fois qu’ils articulent on ne va pas se plaindre. Les sourires étaient bien blancs et bien faux.  C’est accueillant et assez hypocrite.
Mais c’était assez sympathique et d’une efficacité jamais égalée en France. Au final, les clichés sont assez vrais: je suis française et comme 95% de mes compatriotes, je trouve toujours quelque chose à redire parce que j’aime râler. Remarque ça aurait pu être pire, au moins, j’ai  fait du latin…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.