Episode 5: Roomates, First Part.


Un expatrié à New York / lundi, janvier 8th, 2018

7 personnes 

4 nationalités  

1 maison 

          Tout commence toujours par un petit rien.

Tu as mis un pied sur le sol américain, ça y est. Passée toute la procédure habituelle pour rentrer aux États-Unis d’Amérique, tu te glisses dans un taxi. Tu as pensé à prendre le métro une seconde et demi avant de réaliser que tout ton bordel ne serait jamais transportable aussi longtemps. Une valise pour 6 mois, affaires d’hiver et d’été. De très hiver et de très été. On t’avait dit « Oh tu vas voir tu vas vivre un hiver rude en arrivant et l’été tu ne pourras plus respirer tu mourras sous une chaleur écrasante ».  Cool. Pas étonnant que ça prenne de la place. Et encore tu n’as pris que l’essentiel. Tu as quand même respecté le quotas du « au cas où », celui du « on ne sait jamais » et bien sur celui du « je suis sûr que ce truc va enfin servir ». Mais cette fois tu as été plutôt sage, pas vraiment la place de s’étendre.

Tu as laissé l’appréhension dans l’avion, tu as débarqué, place à l’excitation. Tu tentes d’attraper un peu de Wifi pour prévenir ta future colocataire, encore inconnue au bataillon, de ton arrivée imminente. Youhouuuu. Un peu moins youhou pour elle qui vient de se réveiller d’une grasse matinée dominicale, tête dans le brouillard, ton excitation l’épuise déjà. Mais ça elle ne le sait pas encore, et toi tu comprendras plus tard qu’elle n’est pas du matin. Peut être dans quelques jours, quand tu appeleras tes amis restés en France pour leur dire à quel point c’est gééééééééniiiiiiiiiial, que tu te plaiiiiiiiiiiis trrrrrrrrrrop d’une voix suraiguë d’excitation. Elle sortira alors de sa chambre, te regarderas d’un air endormi. Pas vraiment mauvais, mais… endormi. Elle attrapera ses céréales, son énorme bouteille de lait et partira dans sa chambre. Tu te demanderas ce que tu as fait de mal, elle espérera que tu n’es pas une de ses personnes qui crient leur bonheur aussi fort tous les « matins ». Mais ça, vous ne le savez pas encore non plus.
Pour le moment, le taxi s’arrête devant une… maison? Un bloc planté au milieu de rien, sorti de nulle part, qui ressemble à un cube défraichi. Comme les dessins d’enfants, les couleurs en moins. Tu descends tes valises toi-même, le chauffeur de taxi n’était pas sympa. En réalité personne n’a été très sympa depuis que tu es arrivée. Tu devras faire avec, tu es… étranger. Et pour certains, c’est emmerdant. Il a neigé, tu dois monter tes bagages sur un trottoir gelé.

« Hey »

« Hey! »

Et voilà, le visage que tu côtoieras pendant l’intégralité de ton séjour. Tu ne connais rien de cette personne, mais elle va partager ta vie, et marquera ton expérience d’une façon ou d’une autre.

Vous discutez, elle est sympathique. Vous partez faire un tour, elle te montre où est le métro, où est le supermarché, le marchand de téléphone… Elle te parle de l’autre colocataire. Vous allez être trois. Trois français, mais en fait c’est presque comme si vous étiez 7, parce que vous êtes tout le temps avec les voisins d’en haut. Elle te dit que l’ambiance est vraiment cool, et commence à t’énumérer les exploits qu’elle et la coloc’ non identifiée ont pu faire. Tu te dis qu’elles sont folles. Tu te dis surtout que tu as trouvé des gens un peu comme toi. C’est effrayant. Tu emménages donc dans la « chambre carton » (la chambre qui est littéralement séparée du salon par des cartons. Alors oui, c’est vraiment la « chambre carton »). Tu rencontres l’autre colocataire, bien plus sur-excitée que toi. Finalement, vous faites un bon trio.

Enfin, la colocation ne se limite pas à ce cercle car effectivement tu comprends vite que les portes de l’appartement d’en bas sont aussi les portes de l’appartement d’en haut, et inversement. Tu rencontres donc une philippine tatoueuse aux mille talents, un allemand monteur de vidéo, une vénézuélienne un peu en retrait et une autre française, grâce à qui tu es là en fait. la cousine d’une copine, qui est aussi la fille du beau-frère de l’amie de ta maman, qui est… Pas étonnant que tout soit sans dessus-dessous en fait, c’était le bordel dès le début.

« Aperoooooooo ». Ça a commencé le Week end, du vendredi soir au dimanche soir. Puis aussi la semaine après le sport, pour se récompenser. Puis, un peu trop souvent. Tu as compris ce qu’on entendait par « New York, la ville qui ne dort jamais ». Car dans cette maison bancale du comté de Bed-Stuy, le sommeil est assez accessoire.
Puis, une française s’en ira, une Suisse arrivera, l’allemand partira, une autre française arrivera, une française partira, une irlandaise arrivera, une autre française partira et un français arrivera… Un turnover rapide, ce qui permet de rencontrer beaucoup de personnes très différentes. Un beau pot-pourri culturel, un remake de l’auberge espagnol sans espagnols. Et tous ces départs te rappelleront sans cesse l’idée la plus importante de ce voyage: vis l’instant présent à fond, profite sans réfléchir, après tout, on ne vit à New York qu’une fois…
Conclusion: C’est donc avec tout ce petit monde que tu vas vivre au moins 5 mois. Ces personnes qui vont marquer ton expérience, mais ta vie aussi en général. Alors oui, tout a commencé avec un petit rien qui s’appelle la complicité de se retrouver dans cette même expérience. Le début d’une grande histoire quoi, comme on pourrait la débuter par un simple « il était une fois… »… Oui, une des histoires les plus incroyables de nos vies a commencé. Une histoire banale et commune en vérité. L’histoire de tout expatrié. On prend le relais des anciens, on donneras la note aux nouveaux. Et on appréciera chaque moment passé ensemble. Et ça, vous l’avez déjà compris, ça ne fait que commencer.

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